Véganisme et écologie - Tire de l'article par Minuit Sur Terre

Véganisme et écologie: une évidence ?

 

Peut-on dire que véganisme et écologie sont liés ? Bien souvent, lorsque l’on entend parler de véganisme, nous avons en tête un mode de vie plus sain, plus éthique, et plus respectueux de l’environnement. Mais adopter un régime 100% vegan permet-il réellement de réduire son impact sur la planète ? Pouvons-nous avoir un impact sur notre planète en modifiant notre comportement quotidiennement en dehors de notre assiette ?

 

1- Les impacts positifs du véganisme sur l’éco-système

Les effets néfastes de l’élevage sur l’environnement

On le sait depuis quelques années et de multiples études démontrent que chaque citoyen vegan réduit considérablement leur impact écologique. Cela commence par la réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES), émise en très grande quantité lors de l’élevage… elle est plus forte que celle émise par les transports ! Elle représente à peu près 14.5% des émissions globales et atteindrait bientôt les 50% si les consommateurs ne changent pas leur comportement alimentaire. Si ce gaz à effet de serre est aussi polluant c’est qu’il est composé de protoxyde d’azote qui est émis par la production des céréales produites afin de nourrir le bétail, responsable de 65% des émissions de ce gaz plus néfaste que le CO2. A cela s’ajoute le méthane qui est issu des animaux d’élevage lors de leur processus de digestion, également plus néfaste que le CO2 ! Bien qu’il soit moins puissant, le  CO2 est bel et bien présent et est principalement émis par l’utilisation des engrais, des machines agricoles, le transport et la déforestation.

D’ailleurs, intéressons nous à ce phénomène de déforestation: la production de soja pour nourrir le bétail est la première cause de déforestation au Brésil selon Greenpeace et représente en tout 63% de la déforestation amazonienne. L’agriculture et la déforestation sont les deux premières causes de ce phénomène irréversible: plus les forêts disparaissent, moins la planète respire…je vous laisse deviner la suite.

Outre la déforestation massive, il y a un problème de gestion concernant les sols. En effet, les sols consacrés à l’élevage occupent 4 fois plus d’espace que les terres consacrées à produire des végétaux pour l’alimentation humaine. Cet élevage intensif n’est pas sans conséquence sur notre éco-système: depuis peu, nous sommes entrés dans la 6ème extinction massive d’espèces et cette fois-ci, contrairement à la dernière extinction (celle des dinosaures), elle n’est pas dû à un phénomène naturel, mais au comportement des hommes…

Mais l’impact ne se limite malheureusement pas aux terres, il se répand jusqu’aux océans qui sont surexploités au niveau de leurs ressources. En moyenne, 1 milliard de poissons sont pêchés, dont 40% sont destinés à nourrir les bovins, porcins ou volailles d’élevage. De plus, parmi ces poissons se trouvent très souvent pris au piège des espèces qui ne seront pas “utiles”: ces dernières sont rejetées à l’eau, déjà mortes. A cause de cette surexploitation, nos océans seraient vidés de vie vers 2050 selon des experts.

Face à cet élevage hors norme, les réserves d’eau s’épuisent donc très vite et celles restantes sont fortement polluées. En nombre, cela donne 40% de pénurie d’eau douce, 70% d’eau douce polluée et 30% de la consommation d’eau dans sa globalité provient de l’industrie agroalimentaire. Si chaque citoyen ne réduit pas ou ne supprime pas la viande de leur assiette, la consommation d’eau douce devrait augmenter en moyenne de 50% d’ici 2050. Cette surconsommation d’eau dû à l’élevage peut-être considérablement réduite grâce à un menu végétalien consommant 70% moins d’eau. En plus d’être gourmand en eau, l’élevage, à cause du rejet dans l’eau des engrais, des pesticides, mais aussi les nitrates et l’ammoniaque provenant des excréments des animaux, pollue les cours d’eau en causant de multiples invasions d’algues qui étouffent la vie aquatique et participent à l’acidification des océans.

Réduire la faim dans le monde grâce au véganisme ?

Mais si les causes environnementales et animales ne nous touchent pas, on ne peut, normalement, être insensible à la cause humaine. On sait aujourd’hui que 795 millions d’êtres humains sont sous-alimentés dans le monde. Toutes ces personnes pourraient être nourries grâce à la production de céréales ou encore de soja, mais 90% de cette production est destinée à nourrir des animaux d’élevage. Voici un exemple parlant: en tuant un bœuf, nous pouvons préparer à partir de sa viande 1500 repas. Si nous prenons la quantité de céréales qui a été utilisée pour le nourrir (12 à 25 kgs de végétaux pour obtenir 1 kg de bœuf), nous obtenons 18 000 repas.

Il est donc clair que le régime végétalien est le meilleur choix d’alimentation sur beaucoup de plans. Mais être vegan , est-ce être par défaut écolo ?

2- Adapter son comportement de consommateur

Adapter son alimentation vegan et opter pour le zéro déchet

“Tu es vegan mais tu consommes des produits transformés vendus en grande surface” Beaucoup de vegan ont déjà entendu ce genre de remarque à leur égard. En effet, être vegan n’est pas gage d’un comportement écologique et soucieux de la planète, voire éthique. Bien souvent, choisir le régime végétalien n’est pas anodin: ce choix relève d’une envie de mieux consommer, de bannir l’exploitation des animaux mais aussi de préserver notre planète et ses ressources naturelles. Alors oui, il est préférable d’adapter son comportement en dehors de notre assiette et cela passe par une petite rééducation de nos habitudes (rien de bien compliqué, rassurez-vous !).

La première chose à faire serait de se mettre aux fourneaux ! Il existe plein de recettes délicieuses et simples, rapides à réaliser, qui vous éviteront d’acheter des plats vegan préparés, souvent remplis de sucre et emballé dans du plastique. Si vous manquez d’inspiration, rendez-vous ici: www.veganfreestyle.com et ici http://minuitsurterre.com/youtubeuses-vegans/.

En parlant de plastique… On entend depuis quelques années parler de lui pour de mauvaises raisons. En effet, le plastique à usage unique est très polluant, notamment au niveau de nos océans. Sur 79 % de déchets plastique, seulement 9% est déjà recyclé et 12% incinéré. Pour réduire sa consommation de plastique à usage unique, quelques premiers gestes simples: préparer ses repas et ne plus acheter des plats préparés ou surgelés, acheter des pailles, des sacs de courses et des bouteilles réutilisables, renoncer aux chewing-gum, préférer les emballages en carton, acheter en vrac avec des sac en tissus réutilisables, préférer les récipients en verre et acheter une brosse à dent en fibres naturelles comme celles de chez Lamazuna.

Concernant ce que vous allez mettre dans votre assiette: il est préférable que vous achetiez en vrac, de saison et local si possible. Le plus accessible pour tous est avant tout d’acheter nos fruits et légumes de saison. En consommant ainsi, nous achetons le plus souvent des produits provenant de France, qui ne viennent donc pas de loin et n’ont pas un impact CO2 élevé à cause du transport. De plus, ils sont bien souvent meilleurs !

Privilégier les marques éthiques et arrêter la fast fashion

Ces simples changements vous permettront d’être plus écologique et de réduire considérablement votre impact sur l’environnement. A présent, il ne vous reste plus qu’à devenir éthique ! Après l’industrie du pétrole, c’est l’industrie de la mode qui est la plus polluante. Cette pollution conséquente est due à la surproduction de textile par les marques appartenant à la Fast Fashion. Cette Fast Fashion apparaît comme être le plus gros problème dans l’industrie du textile d’aujourd’hui en matière de responsabilité sociale et environnementale. La plupart de leurs usines se trouvent au Bangladesh, au Cambodge et en Chine, où 70% des cours d’eau sont usés à cause des produits chimiques qui y sont déversés (contrairement à l’Europe, aucune réglementation n’existe sur les rejets toxiques dans les cours d’eau). Le problème majeur vient de leur surproduction qui s’accompagne d’une surconsommation: une vraie spirale qui cause pression sur les coûts et les délais de production. Dans ces usines, des travailleurs sous-payés, travaillant en moyenne 12 heures par jour et n’ayant pas de droits sociaux. Alors, si vous ne souhaitez plus donner votre agent aux marques appartenant à la Fast Fashion, des alternatives existent pour consommer la mode de manière éthique et écologique: la seconde main, les friperies, le Made in France ou Europe, les tissus biologiques ou matières vegan et penser à recycler ou vendre ses vêtements qu’on ne portent plus. Par ailleurs, nous vous conseillons le reportage The True Cost disponible sur Netflix.

 

3 – Conseils: comment réduire quotidiennement son impact écologique ?

Etre écolo et vegan à la maison

Afin de réduire son impact écologique quotidien, il existe de multiples solutions simples à appliquer et qui sont efficaces rapidement. En commençant par votre chez vous: vous pouvez remplacer vos ampoules classiques par des ampoules LED consommant 80% en moins d’électricité, éteindre vos appareils restant en mode veille, installer un mousseurs sur vos robinets et une douchette pour économiser l’eau, refuser la pub dans votre boîte aux lettres, faire un composte si cela est possible, et trier vos déchets.

Au XXIème siècle, rares sont ceux qui n’utilisent pas Internet. Entouré de toute cette technologie, il semble parfois compliqué de réduire son impact écologique de ce côté là. Pourtant, il existe aussi des solutions pour être plus écolo en continuant d’utiliser Internet ! Avant tout, pensez à vider régulièrement votre boîte mail. Vous pouvez aussi installer un filtre antispam et vous désinscrire des newsletter qui vous sont inutiles. Cela réduira votre empreinte écologique et vous libérera un peu l’esprit ! Vous pouvez également changer votre moteur de recherche par Lilo qui reverse 50% de l’argent généré par les liens commerciaux à des projets associatifs ou environnementaux ou encore Ecosia qui plante des arbres avec les revenus des liens commerciaux.

Les applications pour être vegan et écolo

En plus de ces changements, vous pouvez télécharger certaines applications qui vous accompagneront chaque jour vers un mode de vie plus responsable: 90jours vous propose de réaliser des défis au quotidien, que vous acceptez ou pas. À chaque défi réalisé, l’application vous indique l’économie réalisée en eau et en émissions de CO2, Eat4Good vous propose un test pour noter votre comportement alimentaire en fonction de son impact environnemental et vous fournit des informations pour manger plus éco-responsable, YesWeGreen vous aide à repérer les bonnes adresses près de chez vous pour consommer local, Écocompare avec lequel vous entrez le code-barre d’un produit et vous pouvez savoir comment il a été fabriqué, avec quelles émissions de CO2, s’il possède un label, s’il peut être recyclé, s’il est biodégradable et enfin Astuces Écolo  vous donne des centaines de conseils à la fois bons pour la planète et le porte-monnaie !

 

Beaucoup de solutions s’offrent à nous pour réduire notre empreinte écologique, mais la première étape est de prendre conscience de l’état de notre planète ainsi que de la condition des humains et des animaux afin de considérer les enjeux majeurs que recouvre le choix de devenir végétalien et de modifier son comportement en tant que consommateur. Pour cela, il n’est évidemment pas nécessaire de tout arrêter du jour au lendemain ! Chacun peut procéder par étape, dans l’ordre qui lui convient et agir avec bienveillance envers lui-même en cas d’écart.

 

Infographie - Impact élevage - Arrêt de la fast fashion - adapter son comportement

 

Nos sources: